Jacques Lesquibille
( dit Jack Panzer)

 

MALGRE  NOUS
« On oubliera .Les voiles du deuil comme les feuilles mortes tomberont . L’image du soldat disparu s’effacera lentement … et tous les morts mourront pour la deuxième fois
» . ( Roland  DORGELES «  Les croix de bois « )

Au cours de mes nombreuses expositions dans l’Est de la France  , et parmi mes relations d’Anciens Combattants , on m’a souvent fait remarqué  du peu de modèles réduits  ou de dioramas  concernant  ces régions particulières  qu’étaient l’Alsace et la Moselle dans  ces périodes d’annexion.
 Je me suis donc donné mission  d’accéder à cette  demande, et quoi de plus représentatif que nos Monuments aux Morts  d’Alsace- Moselle ?
Sur leurs marbres sont gravés l’Histoire  de l’enfer que vécurent toutes ces populations qui se sentirent souvent « abandonnées «  par la Mère  Patrie.
Des hommes et des  femmes, dont pour certains, la reconnaissance « d’Incorporés de force «   ne sera reconnu qu’à  l'orée de l’an 2000 seulement ,  se sont retrouvés sous l’uniforme honni, à se battre …et à mourir … pour une cause  qui n’était pas la leur. Mais  avaient  ils le choix ?
Si l’histoire de ces « MALGRE NOUS »  est gravé dans nos marbres funéraires, elle l’est aussi dans le cœur et la mémoire  de plusieurs générations.
Aussi , nous  avons pour mission de  faire  connaître  ces faits  bien trop souvent « occultés «  pour que nos concitoyens  n’aient  plus  ces mots si durs qui furent employés par certains « français de l’intérieur » à l’encontre des populations déplacées  d’Alsaciens et de Mosellans .

LE DIORAMA :
Je voudrais par ce diorama , rendre hommage  à  Tous les MALGRE NOUS   d’Alsace et de Moselle, et aussi  à  Monsieur Henri SCHOUN , Maire Honoraire de la Commune de CONDE NORTHEN – Moselle , qui est l’exemple de ce que durent  supporter  les jeunes Alsaciens Mosellans  de cette période 39/45
Successivement  digne et courageux combattant de la Ligne Maginot, puis prisonnier de guerre, libéré en tant que « Lorrain ». Les contraintes  imposaient par l’occupant , et pressentant une incorporation sous l’uniforme allemand , a préféré rejoindre la zone libre. Après plusieurs tentatives, l’occupant  l’enverra  dans les stalag disciplinaires  nazi (RAWA- RUSKA ) où sa santé se détériorera très vite. C’est alors un grand malade  qui est renvoyé comme rapatrié sanitaire en France, où malgré une santé déficiente il trouvera la force de rejoindre  les rangs de la Résistance  pour chasser  l’ennemi  jusqu'à la Libération du sol national. Son comportement lui vaudra les Honneurs et la reconnaissance de la nation , en témoignent ses  nombreuses décorations
Jacques LESQUIBILLE