|
MALGRE NOUS « On oubliera
.Les voiles du deuil comme les feuilles mortes tomberont . L’image du soldat
disparu s’effacera lentement … et tous les morts mourront pour la deuxième
fois » . (
Roland DORGELES « Les croix de bois « )
Au cours de mes nombreuses expositions
dans l’Est de la France , et parmi mes relations d’Anciens Combattants , on
m’a souvent fait remarqué du peu de modèles réduits ou de
dioramas concernant ces régions particulières qu’étaient
l’Alsace et la Moselle dans ces périodes d’annexion.
Je me suis donc donné mission
d’accéder à cette demande, et quoi de plus représentatif que nos Monuments
aux Morts d’Alsace- Moselle ? Sur leurs marbres
sont gravés l’Histoire de l’enfer que vécurent toutes ces populations
qui se sentirent souvent « abandonnées « par la Mère Patrie.
Des hommes et des femmes, dont pour certains, la reconnaissance
« d’Incorporés de force « ne sera reconnu qu’à
l'orée de l’an 2000 seulement , se sont retrouvés sous
l’uniforme honni, à se battre …et à mourir … pour une cause qui
n’était pas la leur. Mais avaient ils le choix ? Si
l’histoire de ces « MALGRE NOUS » est gravé dans nos
marbres funéraires, elle l’est aussi dans le cœur et la mémoire de
plusieurs générations. Aussi , nous avons pour mission de faire
connaître ces faits bien trop souvent « occultés « pour
que nos concitoyens n’aient plus
ces mots si durs qui furent employés par certains « français de
l’intérieur » à l’encontre des populations déplacées d’Alsaciens et de
Mosellans .
LE DIORAMA : Je voudrais par ce
diorama , rendre hommage à Tous les MALGRE NOUS d’Alsace et de
Moselle, et aussi à Monsieur Henri SCHOUN , Maire
Honoraire de la Commune de CONDE NORTHEN – Moselle , qui est l’exemple de ce
que durent supporter les jeunes Alsaciens Mosellans de
cette période 39/45 Successivement digne et courageux combattant de
la Ligne Maginot, puis prisonnier de guerre, libéré en tant que « Lorrain ».
Les contraintes imposaient par l’occupant , et pressentant une
incorporation sous l’uniforme allemand , a préféré rejoindre la zone libre.
Après plusieurs tentatives, l’occupant l’enverra dans les stalag
disciplinaires nazi (RAWA- RUSKA ) où sa santé se détériorera très vite.
C’est alors un grand malade qui est renvoyé comme rapatrié sanitaire en
France, où malgré une santé déficiente il trouvera la force de rejoindre
les rangs de la Résistance pour chasser l’ennemi jusqu'à
la Libération du sol national. Son comportement lui vaudra les Honneurs et
la reconnaissance de la nation , en témoignent ses nombreuses
décorations Jacques LESQUIBILLE
|